Accueil  /   World Fair Play Award – 17 Novembre 2017
Rodriguez opération
Rodriguez avec Olsrud (1)
Jacques Rogge
Turkish Fair Play Committee
Ukrainian Épée team Junior
Dr Jorge Ariel Rodriguez
Dr Jorge Ariel Rodriguez

Visuel World Fair Play Awards

Ce vendredi 17 novembre 2017, Bruxelles est devenue Capitale Mondiale du Fair Play ». A cette occasion, les Trophées du Comité International pour le Fair Play ont été remis aux personnes ayant le plus représenté ces belles valeurs.


Cocorico, cette année encore, un belge a été honoré du Trophée « Jean Borotra » pour l’ensemble de sa carrière. Le Comte Jacques Rogge. Au vu de son exceptionnelle carrière, de son esprit fair-play et de l’admiration que Jeno Kamuti, président du CIFP, lui porte, cela était tout naturel. Les histoires des autres lauréats sont uniques et singulières.

Autour de Monsieur Didier Reynders, près de 250 convives des mondes sportifs et politiques parmi lesquels on retrouvait d’anciens lauréats du CIFP, tels que Jean-Michel Saive (qui fêtait son anniversaire) ou Robert Van de Walle.

And the Winner is …

Trophée « Pierre de Coubertin » pour un geste Fair Play

Dr. Jorge Rodriguez (Argentine)

Rodriguez pendant l'opérationJorge Rodríguez est un chirurgien de 46 ans originaire de la ville de Tucuman en Argentine qui aime les courses d’endurance « Ironman », auxquelles il participe régulièrement. Mais cette fois-ci, en 2016, à León, au Mexique, il a fusionné les compétences médicales et sportives, en milieu de course, en reconstruisant le visage d’un autre athlète et en s’assurant ensuite de terminer la compétition ensemble.

Le cinquième et dernier jour de la course, Rodriguez a écrasé son vélo sur un pont mouillé et a subi une lourde chute qui l’a envoyé à l’hôpital avec quelques égratignures douloureuses. À peu près au même moment, Henning Olsrud, deuxième de la course, est tombé dans une descente rapide et dangereuse et s’est gravement blessé aux lèvres, aux dents et au nez.

Rodriguez avec OlsrudÀ l’hôpital, il n’y avait pas de chirurgien pour effectuer les opérations de reconstruction des lèvres et du visage dont Olsrud avait besoin, alors Rodriguez, toujours habillé pour courir, entra dans la salle d’opération et reconstruisit le visage de son concurrent.

Mais ce qui a suivi a été encore plus incroyable : après trois heures de chirurgie, ils ont tous les deux quitté l’hôpital ensemble et ont parcouru les 180 kilomètres en vélo et les 42 kilomètres à pied qui leur manquaient. En franchissant la ligne d’arrivée, ils se sont étreints.

Pour le temps cumulatif, le Norvégien a finalement terminé troisième et le héros argentin, cinquième.


Diplômes « Pierre de coubertin »

  • Alistair Brownlee (Royaume-Uni) – World Triathlon Series

Prêt à remporter la deuxième place de la World Triathlon Series, Jonny, le frère cadet d’Alistair, a commencé à trébucher à 700 mètres de la ligne d’arrivée, souffrant d’épuisement par la chaleur. Alistair, en lice pour la première place, a passé son bras autour de son frère cadet et l’a poussé jusqu’à la ligne d’arrivée, le poussant sur la ligne avant elle.

  • Filippo Rossi (Suisse) – Marche

Lors de la compétition de Gobi, Filippo Rossi a aidé l’athlète taiwanais Tommy Chen, atteint d’une grave crise de déshydratation, lui sauvant ainsi la vie ! A plus de 55°, il a interrompu sa course pour aider son adversaire à atteindre le checkpoint, situé 7km plus loin où ils sont restés 2 heures. Rossi a ensuite accompagné Chen jusqu’à l’arrivée.

  • Glen Howard – Pat Simmons – Craig Savill (Canada) – Curling

Le « Tim Hortons Brier » est l’événement de curling le plus ancien et le plus célèbre au monde, et Craig Savill, deux fois champion canadien et champion du monde, espérait pouvoir y participer dans sa ville natale Ottawa. Atteint d’un lymphome de Hodgkin, il ne put y assister qu’en tant que spectateur. Lors du dernier round, Pat Simmons, champion en titre et Glenn Howard, son coéquipier de longue date, ont choisi de donner à Savill, une chance de livrer 2 tirs afin qu’il puisse réaliser son rêve !

  • Pippo Squatrito (Italie) – Football

Dans un match enflammé entre Pro Falcone et Furnari, à la 80e minute, le score était de 1-0 en faveur de Pro Falcone. Alors que le jeu est arrêté, un attaquant de l’équipe Furnari réagit à une provocation d’un adversaire en le frappant, non vu par l’arbitre. Pippo Squatrito, l’entraîneur de Furnari, entre sur le terrain et renvoie son joueur, laissant l’équipe à 10 hommes. A la fin, son équipe a perdu et il subit également une pénalité de l’arbitre parce qu’il est entré sur le terrain (sanction annulée par la suite).

  • Vittorio Podesta (Italie) – paracyclisme

Vittorio Podestà, athlète olympique et mondial récompensé à plusieurs reprises, a eu le privilège d’être coiffé d’une « couronne de laurier » à Rio en 2016, pour avoir laissé le sprint final à son coéquipier Paolo Cecchetto durant la course de test de la catégorie de paracyclisme H3.

  • Stephany Saraiva (Brésil) – pentathlon

À l’épreuve d’escrime, lors d’une attaque simultanée, le capteur a favorisé l’athlète brésilienne Stephany Saraiva. Par fair-play, elle en a informé le juge pour que celui-ci annule le résultat et fasse recommencer le test.

Trophée « Jean Borotra » pour une carrière et une manière de vivre Fair Play

Comte Jacques Rogge (Belgique)

Comte Jacques Rogge

Jacques Rogge

Sacré seize fois champion de la ligue de rugby belge et une fois champion du monde de yachting, il a également concouru en voile dans la catégorie Finn lors des Jeux d’été de 1968, 1972 et 1976.

Jacques Rogge a été président du Comité Olympique et Interfédéral Belge de 1989 à 1992. Il a ensuite endossé successivement les rôles de président des Comités olympiques européens en 1989, de membre du Comité olympique international en 1991 et de membre de la commission exécutive en 1998.

Il fut le 8ème président du CIO entre 2001 et 2013. Diplômé en médecine sportive au Royaume-Uni, il est revenu officier en Belgique en tant que chirurgien orthopédiste dans la ville de Deinze. M. Rogge a également enseigné au sein de l’Université libre de Bruxelles et de l’Université de Gand.

Tentant de résoudre la sempiternelle question de l’usage de produits dopants par les athlètes participant aux olympiades, Jacques Rogge, qui avait déjà travaillé pour l’Agence mondiale antidopage, n’a pas compté ses efforts en vue d’éradiquer le recours aux substances interdites pendant les Jeux et ce, particulièrement après que Marion Jones, quintuple médaillée aux JO de 2000, a admis en 2007 avoir consommé des stéroïdes.

Afin de maintenir le prestige des Jeux olympiques auprès de la jeune génération, la présidence Rogge a eu pour fil rouge l’inclusion des sports de la jeunesse tels que le snowboard, qui a fait ses grands débuts comme discipline olympique à Turin, en 2006, et le BMX, représenté pour la première fois lors des olympiades de Pékin, en 2008. En 2007, M. Rogge ajouta les Jeux olympiques de la jeunesse au calendrier de son organisation et la cérémonie d’ouverture de la première édition de cet événement se tint à Singapour en 2010. Il proposa par ailleurs dans le même esprit de créer le « Prix du président du CIO pour la Jeunesse » afin de récompenser le geste de fair-play d’un athlète ou d’une équipe d’athlètes de moins de 20 ans.

Diplômes « Jean Borotra »

  • Alvise De Vidi (Italie)

Athlète de niveau international à la carrière exceptionnelle, Alvise de Vidi a réalisé un programme para-olympique sans pareil. Il est considéré comme « l’un des 12 meilleurs athlètes italiens des années 1900 ». Il représente le dévouement, le travail sur le terrain, le courage et l’humanité. Il s’est constamment engagé non seulement dans les domaines de la compétition, mais aussi dans les organismes sportifs, clubs, dans les associations et à l’école chaque fois que possible pour promouvoir les principes du sport et sa passion pour celui-ci envers les autres et en particulier pour les jeunes.

  • Ekaterina Gamova (Russie)

Ekaterine Gamova jouait dans l’équipe nationale russe de volleyball de 1999 à 2014. Elle a remporté deux médailles d’argent aux Jeux olympiques de 2000 et 2004 et deux titres mondiaux. Elle a aidé et soutenu la nouvelle génération de joueurs de volleyball. Ekaterina est une des fondatrices du « Fonds Natalia Safonova » qui aide l’ancienne joueuse de l’équipe nationale, dans le combat contre sa maladie. Elle est également membre du célèbre FF russe « Give Me Life » qui aide les jeunes invalides dans tout le pays. Elle visite les hôpitaux et essaie de donner des leçons de volleyball aux enfants en fauteuil roulant.

  • Szymon Krasicki (Pologne)

Ancien médaillé d’or aux Championnats du monde de Cross-Country, entraîneur de l’équipe féminine, expert et commentateur de la plus grande chaîne sportive polonaise et professeur à l’Université de Cracovie d’éducation physique, Szymon Krasicki a toujours donné des conseils sur le comportement et l’attitude morale dans le sport et la vie d’une manière très discrète. Il enseigne le respect des rivaux et la capacité de perdre avec dignité. Il promeut le fair-play avec sa propre culture personnelle.

Trophée « Willy Daume » pour un projet de promotion Fair Play

Le Comité Fair Play du Comité Olympique Turque (Turquie)

Turkish Fair Play CommitteeEn 2006, la commission de fair-play du Comité Olympique Turque a décidé de lancer une initiative qui aiderait à sensibiliser et motiver les artistes – et les personnes de manière générale – aux valeurs du fair-play. Cette initiative extraordinaire a été baptisée le « Fair Play Cartoon Contest », un concours de la bande dessinée du fair-play.

En 2014, 35 pays originaires des cinq continents ont participé à ce concours.

220 bandes dessinées ont été créées par de jeunes dessinateurs âgés de moins de 18 ans et 446 par les dessinateurs de plus de 18 ans.

Un ouvrage reprenant une sélection des meilleures planches et phylactères a été publié, ce qui permet de valoriser et de promouvoir cette initiative de manière concrète.

Diplômes « Willy Daume »

  • ASKÖ (Autriche)

L’objectif essentiel de ASKÖ est de promouvoir le fair-play et la tolérance dans le sport ainsi que dans toutes les autres sphères de la vie en Autriche.

  • Romanian Olympic Academy (Roumanie)

Le ROA a célébré ses 25 ans en organisant « Le programme national d’éducation olympique par le sport, dans le cadre du volontariat olympique, du point de vue de la diversité culturelle. »

  • Pallacanestro Crema (Italie) – Basket

Le maillot de l’équipe de basket italienne indique « Pas de violence contre les femmes ». De plus, outre leur implication dans les écoles primaires et secondaires, l’équipe reverse 10€ à l’association Con-Tatoo (contre la violence faite aux femmes) à chaque panier marqué.

  • Gilad Lustig & Hilla Davidov (Israel)
  1. Gilad Lustig, chef de mission et Mme Hilla Davidov, vice-directrice des sports, sont diplômés pour avoir jeté les bases de la diffusion du fair-play dans la société israélienne. Ils ont également lancé un programme éducatif national dans les écoles, promouvant l’Olympisme les valeurs olympiques et le fair-play comme mode de vie.
  • Eva Durska & Piotr Malachowsky (Pologne)

L’athlète Piotr Malachowski et l’athlète paralympique Ewa Durska ont mis aux enchères leurs médailles olympiques pour financer le traitement contre le cancer de deux enfants polonais, Olek, trois ans et Wiktoria, neuf ans. Leurs actes altruistes reflètent leur engagement à aider les personnes dans le besoin.

Trophée du Président du CIO pour les jeunes.

Délégation junior masculine ukrainienne d’escrime

Ukrainian Épée team JuniorLe concours junior d’épée par équipes du championnat du monde juniors et cadets d’escrime 2016 qui se déroulait à Bourges, en France, débutait par les T32 (tableaux à élimination directe). L’un des duels opposait l’Algérie à l’Ukraine. L’équipe algérienne ne s’étant pas présentée à temps, le Directoire Technique s’était résolu – conformément au règlement en vigueur – à l’éliminer de la compétition.

Lorsqu’elle a appris la décision du Directoire Technique, l’équipe ukrainienne a demandé spécifiquement à ce dernier d’attendre les concurrents algériens et de ne pas les radier du tableau.

« Nous sommes venus au championnat du monde pour nous mesurer à l’escrime, non pas pour gagner par défaut ». Le Directoire Technique a accepté la demande des Ukrainiens et n’a pas éliminé l’équipe masculine d’Algérie qui s’est finalement présentée et a pris le dessus sur l’équipe ukrainienne.

Les lauréats deviennent de vrais ambassadeurs

Le Comité International pour le Fair-Play dont l’objectif est la défense et la promotion du fair-play dans le monde, décerne annuellement ses Prix afin d’honorer et d’attirer l’attention sur les actes de fair-play. Son président, Dr Jeno Kamuti, ancien champion du monde d’escrime, a lui-même reçu en 1976 le trophée « Jean Borotra » pour l’ensemble de sa carrière.

Tous les candidats de ces prix mondiaux du Fair-Play sont des personnalités extraordinaires, qui par leur comportement contribuent à faire du sport ce phénomène social porteur de valeurs que l’on aime tant. Leurs histoires et leurs gestes permettent de rappeler à tout un chacun l’importance d’adopter un comportement positif sur les terrains de sport.

Jean-Michel Saive, fameux pongiste belge, ayant participé à 7 Jeux Olympiques et actuellement vice-président du COIB, célébré par le CIFP en 1988 déclare que « (…) le fair-play, c’est ce qui permet de rendre une victoire ou une performance encore plus belle. Le prix Mondial du Fair-Play du CIFP est pour moi le plus beau de mes trophées ! ». Et Robert Van de Walle, champion olympique de judo et honoré par le CIFP en 1990, d’ajouter : « Le fair-play représente pour moi la valeur par excellence d’une manière d’être et de faire. (…) Le fair-play est une façon de vivre. Il demande du contrôle de soi et un véritable courage pour accomplir ce qui est juste et approprié. (…) Mes plus grands adversaires à l’époque sont devenus mes meilleurs amis. Dans les arts martiaux – parmi lesquels le judo – les valeurs de respect, d’honnêteté, de modestie, de contrôle de soi font partie intrinsèque d’un code moral inspiré du Bushido, un art japonais de la guerre. (…) »